Le 7e art étant de plus en plus présent au sein des communautés autochtones, trois des productions financées cette année par le Fonds des talents livrent, sur le circuit des festivals, des histoires captivantes issues de régions éloignées. Présentées dans le cadre d’imagineNATIVE, le plus grand festival au monde de contenu audiovisuel autochtone, ces œuvres sont déjà acclamées.

The Land of Rock and Gold

Pour les coscénaristes, réalisateurs et producteurs Janine Windolph et Daniel Redenbach, The Land of Rock and Gold est leur premier long métrage réalisé en collaboration. Projeté en première mondiale au festival imagineNATIVE, le film a ensuite été présenté en première aux États-Unis à l’American Indian Film Festival de San Francisco, puis au Red Nation Film Festival de Los Angeles et au Canada Film Market de Hamilton. De retour chez eux, en Saskatchewan, les cinéastes ont présenté leur film lors d’une projection spéciale pour la communauté de La Ronge. Une présentation spéciale se tiendra également à la Saskatchewan Film Week à Regina. Le film suscite un intérêt pour un lancement en salles et à la télévision tant au Canada qu’aux États-Unis, et il participera à d’autres festivals dans l’année à venir.

« DANS LES PRODUCTIONS À MICRO-BUDGET, TOUS LES GENS SONT LÀ PARCE QU’ILS Y TIENNENT ET PARCE QU’ILS CROIENT EN CES PROJETS. » – Devery Jacobs, THE LAND OF ROCK AND GOLD

 

Lorsque le Fonds des talents a donné le coup d’envoi au film, ils savaient qu’ils allaient tourner à La Ronge, la communauté d’où vient Janine. C’est un endroit unique, une importante destination pour les amateurs de chasse et pêche qui regroupe environ sept réserves différentes. Même si la logistique posait des difficultés, Janine et Daniel savaient que c’était la seule façon de raconter cette histoire. « Ça aurait été impossible de recréer ailleurs cette communauté ou la forêt boréale. Nous avons eu de la chance, car l’hiver n’a pas été trop rigoureux – la température n’est jamais descendue sous -10 degrés! »

Les acteurs principaux Charity Bradford et Dimitri McLeod formaient le parfait duo pour le film. Le fait de travailler avec des gens qui ne sont pas des acteurs, mais plutôt un duo mère-fils dans la vraie vie, a créé un sentiment d’authenticité qui n’aurait pas été possible autrement. Devery Jacobs, qui tient un rôle de soutien dans le film, a beaucoup aimé sa première expérience avec les coréalisateurs : « Dans les productions à micro-budget, tous les gens sont là parce qu’ils y tiennent et parce qu’ils croient en ces projets. »

The Land of Rock and Gold

Après ce baptême de feu, Daniel se sent maintenant prêt à s’attaquer à un film encore plus exigeant : « Cela m’a donné la confiance et l’intégrité pour aller de l’avant. » Quant à sa passion indéfectible, elle lui vient de la réaction du public : « Ma plus grande satisfaction, je l’obtiens lorsque les gens de notre communauté me disent qu’ils se reconnaissent dans le film. »

The Northlander

Malgré le succès de son premier long métrage, le scénariste, réalisateur et producteur de The Northlander, Benjamin Ross Hayden (Manifold Pictures), n’a rien perdu de son humilité. Après avoir présenté son court métrage, Agophobia, à Cannes, il a rencontré l’équipe de l’Adam Beach Film Institute, avec qui il s’est associé. Grâce à leur mentorat et au financement obtenu par l’entremise du Programme de production à micro-budget de Téléfilm soutenu par le Fonds des talents, le projet de Benjamin a obtenu le feu vert : le « futurisme autochtone » était né.

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Inspiré de la quête identitaire de Louis Riel, The Northlander est un film de science-fiction qui raconte l’histoire d’un groupe de gens appelé « Last Arc », menacé par une tribu hérétique. La seule personne capable de les sauver est un chasseur du nom de Cygnus (Corey Sevier). Cette histoire de survie se déroulant en pleine nature dans un futur dystopique a passionné le réalisateur. Benjamin explique que « l’on peut explorer le présent en le transposant dans le futur… Cette terre où nous vivons n’a pas fini de nous mettre au défi. »

Présenté en première devant une salle comble au 40e Festival des films du monde de Montréal et ayant fait la une du journal Montreal Gazette, The Northlander a également été présenté à guichets fermés à l’imagineNATIVE Film Festival et devant des auditoires enthousiastes à Calgary, ville natale de Benjamin. Cet automne, le film est à l’affiche dans neuf festivals dont 60 projections en Alberta seulement. Distribué par Raven Banner au Canada et Spotlight Pictures sur la scène internationale, The Northlander sera aussi présenté en salle partout au Canada dans les Cinémas Landmark. Le film a déjà beaucoup fait parler de lui dans la presse, a fait l’objet d’un reportage à la CBC, et a même suscité de l’engouement sur Twitter. Après sa sortie en salle, The Northlander sera présenté sur les ondes d’APTN au début du mois de mai. Une minisérie télévisée basée sur le film est actuellement en développement avec le Fonds des médias du Canada. Enfin, le prochain long métrage de Benjamin, The First Encounter, en est déjà à l’étape du développement.

Les paysages inhospitaliers du film, qui a été tourné en extérieur à Drumheller et au Parc provincial de Writing-on-Stone en Alberta, sont à l’image des défis auxquels les personnages sont confrontés. Pour aborder « un sujet universel raconté à la manière des Canadiens », il était primordial pour Benjamin, lui-même Métis, que la distribution comprenne des acteurs des Premières Nations et, si possible, des acteurs qui soient en même temps des icônes. Il ne s’est pas trompé avec Roseanne Supernault, Michelle Thrush et Julian Black Antelope de Blackstone, et l’histoire prend vie. « Ces périples nous montrent qui nous sommes. Même si nous ne verrons pas la fin de l’univers de notre vivant, nous pouvons l’imaginer. »

The Sun at Midnight

The Sun at Midnight, de la scénariste, réalisatrice et coproductrice Kirsten Carthew (Jill and Jackfish Productions), mettant en vedette Kawennáhere Devery Jacobs et Duane Howard, est une aventure en milieu sauvage en même temps qu’une histoire de passage à l’âge adulte. Après la mort de sa mère, une adolescente doit aller vivre dans la communauté de celle-ci située dans le cercle Arctique. Après s’être enfuie, elle tisse une amitié improbable avec un chasseur de caribous. Ensemble, ils doivent affronter les éléments pour retrouver le chemin de la maison.

« C’ÉTAIT IMPORTANT DE TOURNER SUR PLACE DANS LES T.-N.-O. – IMPOSSIBLE DE REPRODUIRE CELA DANS UN STUDIO! » – Kirsten Carthew, The Sun at Midnight

La première mondiale du film a eu lieu à Fort McPherson, lieu même où le film a été tourné. Pour Kirsten, l’événement multigénérationnel fut un franc succès. « Environ 150 personnes y ont assisté, et toutes ont aimé le film… même les garçons adolescents! » En l’honneur de l’événement, on lui a demandé de porter une tenue traditionnelle gwich’in. C’est la première fois que des membres de la nation gwich’in figurent dans un film et l’émotion était palpable. « Maintenant, d’autres gens veulent faire des films dans la communauté. La projection a été une occasion de boucler la boucle pour le film. »

Grâce au financement du Programme de production à micro-budget de Téléfilm soutenu par le Fonds des talents, Kirsten a pu embaucher des acteurs professionnels. En tant que réalisatrice d’un premier long métrage, c’était très important pour elle. Comme Devery Jacobs l’explique : « C’était juste moi et Duane… en pleine nature ». Le succès du film repose en grande partie sur leur talent extraordinaire, d’autant plus que le tournage a été difficile « avec une équipe réduite, en milieu sauvage, au cercle polaire… » C’était le premier film tourné dans cette région, il n’y avait aucun service pour soutenir le film. Travaillant constamment à l’extérieur, ils étaient à la merci de la météo. Mais pour Kirsten, « c’était important de tourner sur place dans les T.-N.-O. – Impossible de reproduire cela dans un studio! »

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Ayant grandi à Yellowknife, T.-N.-O., Kirsten ressent toujours un lien très fort avec les grands espaces. D’ailleurs, elle adore les histoires qui se déroulent en pleine nature et qui racontent comment celle-ci « favorise le bien-être et la croissance personnelle… Je voulais que les gens voient cette partie du monde. C’est un endroit tellement spécial. » Avec deux projections à guichets fermés au Yellowknife Film Festival, suivies de deux incroyables projections au Whistler Film Festival, où Devery a remporté le prix Borsos Best Overall Performance pour son rôle de Lia, « l’enthousiasme était à son comble! » Selon Devery Jacobs, « le film a reçu un appui incroyable – les gens sont tellement heureux et fiers d’y avoir participé. »

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