Tourner avec un micro-budget ne se compare à rien d’autre. Le terme  fait souvent référence aux jeunes cinéastes et n’est pas toujours flatteur. Mais les films à micro-budget produits cette année grâce aux généreux donateurs du Fonds des talents démentent cette idée.

Deux de ces films, Werewolf de Ashley McKenzie et Nelson MacDonald, et The Lockpicker, de Randall Okita, ont été fort présents sur le circuit des festivals cette saison, et témoignent d’un incroyable savoir-faire qui met en lumière l’authenticité et l’honnêteté qui habitent leur mode de réalisation.

L’histoire derrière Werewolf

Présenté en première comme un film à voir au Festival international du film de Toronto (TIFF) et au Festival international du film de Vancouver (VIFF), Werewolf a séduit plusieurs médias, dont The Globe & Mail et Toronto Life. Le programmateur du TIFF Steve Gravestock a par ailleurs affirmé que ce film était « l’un des plus courageux » qu’il ait vus cette année. Présenté devant un public conquis au Festival du film de l’Atlantique (AFF), le film a remporté le prix du Meilleur réalisateur de la région de l’Atlantique, du Meilleur acteur et de la Meilleure actrice. Il a également été nommé Meilleur long métrage dans la section au Festival du nouveau cinéma (FNC).

« L’un des films les plus courageux que j’ai vus cette année. »
– Steve Gravestock, TIFF Programmateur

 

Dans Werewolf, Ashley McKenzie et le producteur Nelson MacDonald abordent des thèmes de la jeunesse, de la pauvreté et de la toxicomanie dans la petite ville minière de New Waterford, en Nouvelle-Écosse. Par son réalisme saisissant, il ressemble davantage à un documentaire qu’à un film de fiction.

Amis depuis l’âge de 15 ans, Ashley et Nelson ont habité à Halifax, y découvrant la vie et développant un réseau de création. À un moment, tous les deux ont pris la décision de revenir vivre dans leur région natale du Cap-Breton pour faire des films qui racontent les histoires de leur communauté. Werewolf a été produit par Grassfire Films grâce au mentorat de Téléfilm et à son programme de production à micro-budget, ainsi qu’au financement obtenu du National Screen Institute et du Fonds des talents.

Ashley a écrit, réalisé et monté Werewolf. Le film a été tourné en 25 jours avec une équipe technique réduite, des acteurs amateurs et en utilisant une petite caméra Panasonic GH4 afin de gêner le moins possible les comédiens. Pour tous ceux qui ont participé au projet, ces éléments ont assuré le succès du film et ont permis de traiter avec beaucoup de respect d’un sujet délicat. Comme l’explique  Ashley : « Avec Werewolf, j’ai pu m’exprimer comme auteure sans faire de compromis. Plus on me donne de liberté, plus on me témoigne de la confiance, plus on me soutient financièrement, et plus je suis en mesure d’approfondir ma création et de faire un travail qui se distingue ».

Même « si le fait de voir son film présenté au TIFF aux côtés de ceux de grands cinéastes avec qui j’ai grandi force à une certaine humilité, je suis déterminé à tourner d’autres films au Cap-Breton, »  a dit Ashley. « Nous n’aurions pas voulu être originaires d’une autre région », conclut-il.

L’histoire derrière The Lockpicker

Après avoir présenté The Lockpicker à Vancouver (VIFF), à Sudbury (Cinefest), à Montréal (FNC), au New Jersey (mention honorable), en Virginie (Best Narrative Feature Festival), à Tacoma et à Orlando, Randall Okita poursuit sa tournée des festivals. En plus d’y présenter ses films, le cinéaste a participé à plusieurs rencontres pour discuter de ses techniques cinématographiques, notamment avec des membres de l’industrie au TIFF et au VIFF. En attendant la confirmation d’une exploitation en salle et d’une distribution numérique, il présente son film dans les écoles et des organismes sans but lucratif.

Grâce à l’appui du Fonds des talents, du Fonds Harold Greenberg, du Conseil des arts de l’Ontario, du Conseil des arts du Canada, ainsi qu’à un prix remis par Technicolor, Randall Okita a pu travailler en empruntant la technique des conteurs populaires. « La qualité –  une recette éprouvée –  ne nécessite que quelques ingrédients qui composent parfois le plus succulent des mets. Et pour réussir cette recette, chacun des partenaires est essentiel. »

Pour The Lockpicker, Randall a respecté le dicton voulant que l’on « écrive sur ce que l’on connaît » et a tracé le portrait intimiste d’un jeune homme qui doit composer avec la mort tragique d’un ami cher, mais aussi avec les tourments de sa propre psyché et de ses choix de vie.

Convaincu de l’importance du mentorat et de la nécessité de mobiliser les cinéastes très tôt dans leur carrière, Randall Okita a travaillé avec le producteur Jason Lapeyre pour impliquer directement dans le projet leurs propres mentors et l’ensemble de la communauté cinématographique. Avec Keigian Umi Tang, un nouveau venu, dans le rôle principal ainsi que des étudiants du secondaire et des acteurs amateurs dans les autres rôles, le film porte un regard candide sur certains côtés sombres de la vie des adolescents.

Par son approche franche d’un scénario ouvert, Randall a su atteindre une réelle authenticité tant au niveau du jeu que du langage.  Travaillant avec le Centre canadien du film, partenaire de Téléfilm Canada dans le programme de production à micro-budget, de même qu’avec l’Université Ryerson, la Central Toronto Academy et d’autres écoles secondaires, le projet a constitué pour les élèves une expérience inestimable.

Ultimement, The Lockpicker et Werewolf mettent en scène des personnages complexes qui expriment des choix difficiles. La vie d’un film est souvent tributaire de la vraie vie :  c’est souvent une question de chance, d’être là au bon moment et de pouvoir compter sur le soutien de la communauté. Après le succès de ces deux films extraordinaires, le public a hâte de voir ce que lui réservent ces artistes de grand talent.

Pour rejoindre la communauté des films

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